Gougenheim Village Episcopal


En 1131 l’armée de l’évêque de Strasbourg Gebhardt qui soutenait le nouvel empereur Lothaire, rencontra les troupes du duc de Souabe et d’Alsace Frédéric au pied du Kochersberg. Selon l’usage en vigueur, il fut convenu que la bataille commencerait à la sonnerie des 12 coups de midi. Mais comme les Strasbourgeois étaient plus faibles que l’armée de Frédéric, ils eurent recours à une ruse en faisant sonner l’angélus une heure plus tôt à Gougenheim, Rohr, Willgottheim et Duntzenheim, surprenant ainsi l’armée de Frédéric. Cette dernière n’étant pas  prête elle fut vaincue au cours de la bataille sanglante qui se déroula près de Gougenheim. En souvenir de ce fait d’arme, le village conserva la tradition de sonner l’angélus de midi à onze heure.

[Kochersbari]

 

Il y avait à Gougenheim un château appartenant à l’évêque de Strasbourg. Les historiens pensent que ce château était construit à l’emplacement de l’actuelle église dont la tour du XIIe siècle aurait été le donjon. Comme l’évêque n’y résidait pas, ce fut probablement là que s’étaient établis les sires de Gougenheim mentionnés dès 1147 et jusqu’en 1359. Au XIIIe siècle, cinq chevaliers vassaux dont les "von Mittelhausen" sont attachés à la défense du château de l'évêque.[Wikipedia]

 

1275 – mention des frères Friedrich et Hertrich de Gougenheim :

Gerichtssitzung. Vgl. die urk. vom 22. dec. 1275, n. 468.

verleiht den brüdern Friedrich und Hertrich von Gugenheim seine mühle in Geudertheim (bei Brumat südl. Hagenau) gegen jährliche abgabe von vier viertel waizen. Aus or. in Darmstadt. Mone in Oberrhein. Zeitschr. 11, 290 aus or. 467

[Die Regesten des Kaiserreiches unter Rudolf, Adolf, Albrecht, Heinrich VII -  By Johann Friedrich Böhmer, Oswald Redlich, Vincenz Samanek]

 

1280 – Mention des frères Friedrich et Hertrich de Gougenheim et des fils de Friedrich : Hertrich et Friedrich.

1280. 5 kal. marcii. Coram judice curie Argentinensis,

Fridericus et Herdericus milites fratres de Gugenheim et Herdericus et Fridericus filii predicti Friderici confessi sunt se habere in feodum a viris nobilibus Burcardo et Walrafo dominis de Geroltsecke advocatiam, seu jus advocatie super curias monasterii de Swarzahe sitas in Swindratzheim et in Frankolsesheim et super bona in easdem curias pertinentia.... autographum.

[Oeuvres historiques inédites By Philippe-André Grandidier]

 

1290 – Mention de Hertrich de Gougenheim beau-frère de Hugo de Kindwiller.

[Kochersbari]

 

XIVe siècle - Moine Conrad de Gougenheim, économe de l'abbaye d’Altorf. Celui-ci était en charge des finances du couvent, mais également du déroulement des offices religieux. Son monument funéraire est toujours dans l’église St-Cyriaque d’Altorf. La dalle funéraire représente le défunt debout, entre deux petites colonnes surmontées d'une accolade fleuronnée. Il tient dans sa main un livre, tandis que ses pieds reposent sur un chien.


Droit de péage

 L'empereur Wenceslas accorda, en 1388, à l'évêque Frédéric, le privilége d'établir un droit de péage à Saverne et entre cette ville et Gugenheim. Ce privilége , qui était révocable, fut confirmé en 1495, par l'empereur Maximilien, et enfin en 1501, par le même empereur, qui déclara ce droit de péage perpétuel et irrévocable , pour récompenser les services rendus par les évêques à l'empire.

 [Oeuvres historiques inédites By Philippe-André Grandidier]

 

Tribunal épiscopal

 Au XIIIe siècle, Gougenheim était le siège du tribunal de l’évêque de Strasbourg. En 1474, le village devint chef-lieu du bailliage du Kochersberg. Cette circonscription administrative et judiciaire qui relevait du prince-évêque de Strasbourg s’étendait alors sur 28 villages. En tant que représentant direct du seigneur-évêque, le bailli résidait à Gougenheim qui était alors doté de fortifications et où siégeait le tribunal épiscopal. Il tenait ses séances dans la « Laube » à l’emplacement de l’actuelle maison communale et de la cour de récréation de l’école qui ne fut démolie qu’en 1840. Près de l’église et du bâtiment de l’école des garçons se trouvait la prison, une tour basse, voûtée, couverte d’un toit pointu. La maison où habitait le bourreau était désignée Meisterhof. Elle devait toujours se trouver à l’extérieur du village. Celle de Gougenheim fut démolie en 1976. Mais on peut voir aujourd’hui encore a l’entrée d’une cour, gravé sur un pilier à bulbe l’emblème de cet exécuteur « des hautes et basses œuvres.» La potence était placée au lieu dit Galgenberg,  une colline près de Gimbrett. Le dernier bourreau de Gougenheim, fils de bourreau, avait épousé une fille du bourreau de Sarrebourg, c’était la règle ; il est mort le 18 juin 1808.

[Kochersbari ; histoire de Gougenheim – Communauté des communes du Kochersberg]

 Galgenberg

Fonctionnement du tribunal

 L'exercice de la juridiction criminelle n'appartenait pas au Gericht local; quand il s'agissait de réprimer un crime susceptible d'entraîner la peine capitale ou une peine afïlictive et infamante, l'instruction du procès se faisait par le bailli de l'évêque, assisté de son greffier ordinaire ; après l'information, c'est-à-dire les témoins entendus et les dépositions reçues, le bailli réunissait, soit à Gougenheim, qui était alors le chef-lieu du bailliage, soit dans la commune où le crime avait été commis, un tribunal spécial composé de quatorze échevins (Schœffen), et d'un prévôt (Schultheiss), qui en était le président. Cette cour criminelle, qu'on appelait communément le tribunal des paysans (das Burengericht), prenait dans les arrêts et jugements qu'elle rendait, le titre pompeux de tribunal landgraviat d'Alsace (Gericht der Landgraueschafft Inn Misas), parce que, dans le principe, les villages compris dans son ressort formaient un comté particulier, commun à l'empire et à l'évêché de Strasbourg. Véritable cour des pairs ambulatoire, elle se transportait là où il y avait un délit à réprimer, un crime à juger ; elle n'avait pas de sigillé ni de greffier particulier; elle empruntait le sigille de l'une des communes du bailliage, le plus souvent celui de Gougenheim (Le sigille de Gougenheim, de 0",03 de diamètre, réprésentait au XVIe siècle saint Laurent, patron du village, tenant de sa main dextre abaissée un gril, et de sa sénestre une palme, avec la légende : S. des Dorfs Guogènheim), et se faisait assister par le greffier du bailli. Le prévôt et les échevins étaient choisis par le bailli parmi les habitants de son ressort, les plus recommandables sous le point de vue de la moralité et de l'instruction; ils étaient tenus de prêter serment, d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges de l'accusation, et de juger d'après les lois et les règlements rendus contre les maléfices. Le bailli faisait, en vertu de sa charge, les fonctions du ministère public, et requérait l'application et l'exécution des lois et du Code criminel de l'empire germanique. L'arrêt rendu par cette cour criminelle, n'était pas susceptible d'appel, mais il était soumis à la sanction de l'évêque, et en son absence, à celle de l'administrateur de l'évêché, qui avait le droit de faire grâce, d'adoucir la peine, et de préférer la clémence à la justice. Chaque arrêt était suivi d'un festin, auquel le bailli conviait les juges, les défenseurs de l'accusé, et ceux qui avaient soutenu l'accusation au nom du bailli, représentant de l'autorité. Ce repas, qui dégénérait quelquefois en véritable festin de rejouissance, fut enfin aboli en 1619, et il fut alloué aux juges, accusateurs et défenseurs, un demi-florin par arrêt pour frais de nourriture, et aux personnes préposées à la garde de l'accusé, quatre batz et demi, tant pour salaire que pour frais de nourriture. L'exécution de l'arrêt était confié au bourreau du bailliage, qui résidait à Gougenheim.

[Revue d'Alsace, Volume 22 Par Joseph Liblin,August Gasser,Angel Ingold]

 

Le bailli était le représentant, Thomme de l'évêque qui pouvait le révoquer à volonté ; il était chargé de veiller au maintien de ses droits et de ses prérogatives ; il résidait ordinairement dans le château épiscopal de Gougenheim (Le château de Gougenheim fut détruit au XVIe siècle), mais il obtenait parfois la permission de demeurer à Saverne, loin de ses administrés, surtout quand il réunissait à ses fonctions celles de conseiller à la Régence épiscopale de cette ville. Ses gages annuels consistaient en une somme de deux cents florins, qu'il touchait sur la caisse de l'évêché; outre ces gages, il jouissait encore de divers revenus et honoraires, que les communautés du bailliage étaient tenues de lui payer. Dans la suite il réunit les attributions judiciaires aux fonctions administratives, et l'on est forcé de reconnaître que les justiciables préféraient généralement sa juridiction à celle des Gerichts locaux, dont la composition offrait aux plaideurs peu de garantie d'un examen attentif et éclairé. Les Gerichts locaux, qui n'avaient plus aucune raison d'être comme tribunaux de village, ne subsistèrent plus que comme municipalités ou Conseils communaux.

 

Allégeance à L’évêque

 Chaque évêque, en signe de gracieux avènement, confirmait aux habitants du bailliage du Kochersperg leurs droits et leurs privilèges et leur reconnaissait la liberté d'émigration, c'est-à-dire le droit précieux de s'affranchir de sa domination et de se dérober à sa souveraineté en changeant de demeure. Il faisait prendre possession du bailliage par des commissaires à ce spécialement nommés, et les habitants étaient tenus de lui rendre hommage comme à leur seigneur et de lui prêter serment de fidélité. Au jour fixé par la Régence de l'évêché, tous les prévôts avec les habitants des villages se réunissaient à Gougenheim, sur la place du château, et prêtaient en présence du bailli et des commissaires de la Régence, le serment d'être fidèles à leur gracieux seigneur, l'évêque de Strasbourg, de ne vivre et de n'agir que dans son intérêt, d'obéir à son bailli dans tout ce qu'il leur commanderait pour l'exécution des lois et des règlements, et de se conduire, en toute occasion, comme de bons et loyaux bourgeois et sujets. Ils promettaient de se contenter de leurs droits de bourgeoisie et de n'accepter aucun autre droit de bourgeoisie et ni aucune autre protection sans une dénonciation préalable faite devant le prévôt et deux échevins du Gericht de leur demeure ; ils promettaient encore, que si par suite de décès, démission, captivité ou promotion de l'évêque titulaire, le siége épiscopal devenait vacant, ils n'obéiraient qu'au grand-chapitre ou à l'évêque élu canoniquement. L'imposante cérémonie de la prestation de serment était couronnée par une distribution d'un demi-foudre de vin, à laquelle les hommes et les femmes étaient conviés. La prise de possession se faisait aux dépens du bailliage, qui était obligé de payer au nouveau seigneur le don de joyeux avénement, c'est-à-dire « de lui donner quelque honoraire en argent ou en argenterie. »

 

1524 – construction de la chapelle St-Laurent

 A l’extérieur du village, sur une petite hauteur, se trouve la petite chapelle St-Laurent. Son clocheton en bois à forme bulbaire est surmonté de la date de 1524 et d’un curieux coq aux pattes écartées. Près de la chapelle, se dresse un calvaire, sculpté de façon très naïve ; la tête du Christ est disproportionnée par rapport au reste du corps.

[Site de la Communauté de Communes du Kochersberg]

 

La guerre des paysans de 1525

Au commencement du seizième siècle, le servage avait disparu dans le bailliage du Kochersperg, les paysans n'étaient plus sous le joug de la glèbe et étaient déjà affranchis de la plupart des droits si multiples, si humiliants qui avaient jadis pesé sur eux de tout leur poids, notamment du droit dit Atzung, c'est-à-dire du droit d'alimentation, qui dans l'origine leur imposait l'obligation indéfinie de nourrir et de loger l'évêque avec ses gens, ses chevaux, ses chiens et tout son équipage, sans paiement et sans compensation, chaque fois qu'il lui plaisait de venir dans un village ; mais les champs qu'ils fécondaient de leurs sueurs étaient écrasés de dîmes, de rentes foncières et féodales, et de redevances de toute sorte. Ils soupiraient après un changement, et lorsqu'en 1525 éclata la Jacquerie allemande, « cette guerre servile plus niveleuse et non moins sanglante que celle de l'antiquité, » ils voulurent profiter de l'opportunité du moment pour se soustraire aux devoirs que leur imposait un vieux malheur héréditaire ; ils abandonnèrent partout la charrue, les travaux des champs et leurs occupations habituelles pour se lancer dans l'insurrection. Après que leurs velléités d'indépendance eurent été noyées dans le sang à Lupstein et à Saverne, ils cherchèrent à faire oublier sous le masque du repentir, par leurs amendes honorables et leur attitude tremblante, qu'ils avaient aspiré au plus précieux des biens, à la liberté et à l'indépendance, et à se faire pardonner tous les écarts de la licence auxquels ils venaient de se livrer. Le 21 juin de cette néfaste année, Georges, duc de Brunswick, au nom du grand-chapitre, Jacques d'Oberkirch, maître d'hôtel de l'évêque Guillaume de Honstein, Jost de Sébach, bailli d'Epfich, Wolf Krantz de Geipolsheim, grand-prévôt de Saverne, Wernher zum Rust, bailli de Marckolsheim, Conrad et Bechtold de Wilsperg et Martin Fôrster de Bitche, tous officiers et feudataires de l'évêché, se rendirent à Gougenheim où ils trouvèrent à dix heures du matin, tous les habitants du baillage réunis sur la place du château et reçurent d'eux leur soumission et un nouveau serment de fidélité :

[Revue d'Alsace, Volume 22 Par Joseph Liblin,August Gasser,Angel Ingold]

 

«  Mercredi après St Vit et St Modeste (21 juin) 1525.

Hommage du baillage de Gougenheim . Aujourd’hui à dix heures avant midi ont comparu à Gougenheim, George duc de Brunswick, au nom du grand chapitre; le maître d'hôtel (Jacques d’Oberkirch), au nom de mon gracieux seigneur de Strasbourg, Jost de Sébach, bailli d’Epfich, Wolf Krontz, grand-prévôt de Saverne, Wernher zum Rust, bailli de Marckolsheim, Conrad et Bechtold de Wilsperg et Martin Förster, de Bitche, pour prendre de nouveau possession de ce bailliage et recevoir le serment de fidélité des sujets.

En conséqence, les sujets des villages dépendant de ce bailliage, assemblés devant le château de Gougenheim , ont de nouveau prêté le serment de fidélité, tel qu'il leur a été lu par le notaire Frédéric Kempf, les susdits seigneurs sont ensuite partis pour Saverne. »

[Curiosités d'Alsace, Volume 2 Par C. Bartholdi]

 




Eglise de Gougenheim

Eglise de Gougenheim
Le clocher du XIIe siècle est peut-être l’ancien donjon du château disparu
 






















































































Galgenberg

Le lieu-dit "Galgenberg", au nord de la route de Gimbrett a Kienheim.